La ville est sombre, la ville est ténèbres. Rongée par le crime, aujourd’hui elle connait un semblant de paix. Aujourd’hui, l’homme chauve-souris peut se demander s’il ne doit pas laisser la place à la loi.
Redevenir l’ombre silencieuse, fugitive et abandonner au procureur Dent la double face, prendre en main les rênes d’une cité devenue plus tranquille. Voilà que vient le temps de la peur et de la mort, voilà que surgit de l‘apocalypse le cavalier nommé terreur, Le Joker. Ce dernier ne possède aucun scrupule, aucun remords, il est la mort et la haine, ne redoute rien, assume tout. Batman comprend que le temps de la racaille, de la canaille passive se termine, ce qui arrive transformera à jamais Gotham City. Ce qui arrive installe l’opprobre, la peur, le silence. La city subit le poids du monstre au sourire de fou. Le taxer de folie devient encore une facilité pour masquer la bête ne reculant devant rien pour assouvir sa soif de sang et de mort. Est-ce le dernier combat ou le premier d’une longue série ?
Comment réussir un second « Batman », plus sombre, plus gargantuesque dans son appétit et sa vision d’un monde paranoïaque. Comment respecter le désir du fan, le choc de l’action d’un cinéma spectacle grandiloquent et l’intimisme de scènes plus inspirées par le labyrinthe de notre esprit. Nolan compose une réalisation époustouflante, sans doute le film le plus abouti, le plus fort de cette saison. Vous devinez notre choc ! Déjà nous avions dit tout le bien que nous pensions de Nolan, combien avec Bale ils incarnaient pour nous la substantifique moelle du mythe de Batman.
Il prolonge ses interrogations sur la notion du bien et du mal, façon Dr Jekyll et Myster Hyde, la pousse dans ses retranchements avec le procureur Dent en première partie, la seconde restant à venir. Il dévoile le cheminement de cet homme frappé au visage et au cœur devenant double Face. Il interroge sur l’homme se surpassant pour combattre le crime, n’oublions pas que Batman, reste un homme avant tout. Comme Iron. Man, il tire ses super pouvoirs de l’intelligence humaine, de la transformation de l’homme en ce guerrier idéal. Nous noterons la force du personnage du Joker, que Heath Ledger interprète de façon sublime, éclipsant la très belle prestation de Jack Nicholson. Le Joker est le terroriste, le terrorisme prêt à tout pour aboutir, assouvir son but, le pouvoir. Manipulateur, anarchiste, il représente un monde qui rend fou. Il est même prêt à souffrir, à prendre des coups, et rien ne l’arrête, rien ne le trouble, sa cause est forcément juste. Nous verrons l’ombre du 11 septembre, de l’Amérique parano, derrière toutes ces interrogations.
C’est aussi une variation du polar noir, avec des thèmes aussi divers que la politique, la femme, l’amitié brisée et le social. Et ce n’est qu’une partie des pistes de réflexion que propose ce nouveau volet de Batman.
Patrick Van Langhenhoven
Les horaires
Gaumont Centre Ville14:00, 17:00, 20:30
Opéra 14:15 - 17:15 - 20:30 : VENDREDI 15 AOUT PAS DE SEANCE à 14:15
Gaumont Millesime (dim 11:00)13:30, 14:30, 16:25, 17:30, 19:20, 20:30, 22:15